PRÉSERVER LA MÉMOIRE DES CRIMES DU TOTALITARISME EST UNE DES PRINCIPALES PRIORITÉS DE LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE LA LITUANIE, A DIT LE MINISTRE LITUANIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Le rétablissement d’une mémoire authentique des crimes du totalitarisme et la restauration de la justice est une des principales priorités de la politique étrangère de la Lituanie, a dit le ministre lituanien des Affaires étrangères Audronius Ažubalis à la discussion « La politique de destruction européenne d’Hitler et de Staline : la Lituanie sur la carte des « terres de sang » », organisée le 28 septembre au ministère lituanien des Affaires étrangères.
« Le monde a condamné unanimement les crimes du nazisme et la terrible tragédie de l’Holocauste, et il préserve la mémoire des millions de victimes tuées sur les fronts de la guerre. Toutefois, de la victoire contre le régime d’Hitler jusqu’à aujourd’hui, il reste des lacunes dans la mémoire historique de l’Europe. Ces lacunes sont liées à la géographie cachée de la terreur totalitaire, à ses exécutants et ses victimes », a déclaré A. Ažubalis.
Selon lui, bien que des méthodes différentes aient été utilisées, les deux régimes, nazi et soviétique, ont commis des tueries de masse des Juifs, Lituaniens, Lettons, Estoniens, Polonais, Ukrainiens, Biélorusses et Russes.
« La Lituanie continuera à réclamer un dédommagement pour les préjudices de l’occupation et à rappeler au monde la tragique expérience de sa population sous le joug du totalitarisme au siècle dernier. Non pas parce que nous voulons rivaliser avec quelqu’un pour le montant du préjudice ou le nombre de victimes, mais à cause d’une obligation d’humanité », a souligné le ministre.
Pendant la manifestation, on a également présenté le livre de Timothy Snyder « Terres de sang. L’Europe entre Hitler et Staline », une étude récente qui analyse la terreur perpétrée par l’Union soviétique communiste et l’Allemagne nazie.
Selon A. Ažubalis, ce livre rompt un lourd silence et parle de choses qui ont été négligées dans les travaux historiques pendant de longues décennies.
« Cet ouvrage rappelle au monde que l’Europe centrale et orientale, de la Baltique à la mer Noire, a été la principale zone des tragédies du XXe siècle et le point de rencontre de deux machines totalitaires inhumaines : l’Allemagne nazie d’Hitler et l’Union soviétique de Staline », a dit le ministre.
Des historiens, des politologues et des diplomates ont aussi participé à la discussion menée par l’analyste politique Kęstutis Girnius.
Il y a tout juste 72 ans, le 28 septembre 1939, l’Allemagne nazie et l’Union soviétique signaient un accord frontalier et d’amitié secret qui plaçait la Lituanie dans la sphère d’influence de l’Union soviétique. La discussion a été organisée pour commémorer les tragiques conséquences du partage du continent pour les peuples de l’Europe centrale et orientale.