LORS D’UNE DISCUSSION À TALLINN, LE MINISTRE LITUANIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES A APPELÉ À ÉVALUER HONNÊTEMENT LES CRIMES DES RÉGIMES TOTALITAIRES
Lors d’une discussion le 20 août à Tallinn consacrée au vingtième anniversaire du rétablissement de l’indépendance de l’Estonie, le ministre lituanien des Affaires étrangères Audronius Ažubalis a appelé à évaluer honnêtement les crimes des régimes totalitaires, souligné l’importance de la sécurité énergétique dans la région et exhorté les pays nordiques et baltes à coopérer plus activement.
Selon A. Ažubalis, lorsqu’elles jugent les actions des régimes non-démocratiques, les démocraties occidentales s’appuient souvent sur des doubles standards et traitent de manière différente les crimes contre l’humanité.« Nous voyons parfois une tendance à nier les crimes du régime totalitaire communiste du XXe siècle et la responsabilité pour ces crimes », a dit le ministre lors de la session « De 1990 à 2030. Comment les leçons des 20 dernières années nous ont-elles préparés aux défis des vingt prochaines années ? ».
Il a souligné que les événements en Autriche, liés à la libération de Michail Golovatov suspecté dans l’affaire du 13 Janvier, ont montré que l’Union européenne a besoin d’une plus grande unité et d’un rassemblement plus fort.
« L’approche sélective de l’Autriche sur l’application de la législation européenne est contraire aux principes fondamentaux de l’UE – l’égalité de tous les pays membres et une coopération loyale entre eux », a assuré A. Ažubalis.
La raison à cela, selon le ministre, est « le manque de compréhension de notre passé commun », par conséquent la société doit être en permanence informée et instruite sur le passé totalitaire de l’Europe.
Le ministre des Affaires étrangères a aussi souligné la nécessité d’une indépendance énergétique et les nouvelles menaces liées à la construction de centrales nucléaires prévues au voisinage de la Lituanie qui ne respectant pas les normes de sécurité internationales.
A. Ažubalis a exprimé sa préoccupation concernant l’incident qui a eu lieu à la centrale nucléaire Leningrad-2. Des centrales du même type devraient voir le jour près de la frontière de la Lituanie.
Le ministre a noté l’importance de la coopération entre les pays baltes et nordiques, il a déclaré que l’orientation vers les voisins du nord pourrait être une force importante pour le progrès des pays baltes.
« Une région nordique et balte intégrée, prospère, réussissant, politiquement et économiquement consolidée, qui comprendrait les cinq pays nordiques et les trois pays baltes, devrait être l’objectif conscient de nos pays », a dit A. Ažubalis.
Il a présenté à ses homologues des pays nordiques et baltes, présents à la discussion, l’ébauche d’une déclaration commune de ces pays pour condamner la tentative de la Biélorussie d’utiliser les accords internationaux dans le but de persécuter l’opposition.
« Alexandre Loukachenko essaie de trouver de nouveaux moyens pour briser la confiance des forces démocratiques de la Biélorussie de la société dans l’UE et une gouvernance démocratique. Nous devons fermement nous opposer à ces efforts », a souligné le ministre lituanien des Affaires étrangères.
Au cours de la table ronde à Tallinn, on discute de l’évolution des pays baltes après la liberté retrouvée, on évalue l’expérience de la période d’indépendance et on considère les futurs défis. Le ministre estonien des Affaires étrangères Urmas Paet, le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, la ministre danoise des Affaires étrangères Lene Espersen, le ministre letton des Affaires étrangères Girts Valdis Kristovskis, le ministre islandais des Affaires étrangères Ossur Skarphedinsson et le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja participent aussi à la discussion.