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LINAS LINKEVIČIUS ET ŠTEFAN FÜLE: LES BALKANS OCCIDENTAUX ET LA TURQUIE REPRÉSENTENT DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS POUR L’ÉLARGISSEMENT DE L’UE

Décalration conjointe du ministre lituanien des Affaires étrangères Linas Linkevičius et du Commissaire européen chargé de l’élargissement et de la politique européenne de voisinage Štefan Füle. Il y a quelques mois, l’Union européenne s’est de nouveau agrandie. La Croatie est devenue le 28e État membre. Ce nouvel élargissement a montré encore une fois que le projet de l’UE ne s’est ni arrêté, ni ralenti. Il a également souligné la crédibilité de la politique d’élargissement, selon laquelle les pays sont acceptés après avoir satisfait les critères nécessaires. L’agenda de la présidence lituanienne de ce semestre est une bonne preuve de la détermination à poursuivre cette politique.

 

Malgré une évolution différente des événements dans les pays de l’élargissement, nous pouvons noter des changements très positifs. L’accord historique entre la Serbie et le Kosovo est particulièrement important. Il contribue à la stabilité générale de la région et garantit que les deux pays, la Serbie et le Kosovo, puissent suivre leurs propres voies européennes. Cet accord est aussi peut-être l’exemple le plus frappant de la puissance essentielle du processus d’adhésion à l’UE et un signal clair que même les décisions les plus difficiles peuvent être prises s’il existe une forte motivation et une volonté politique. Après un accord novateur sur la normalisation des relations, les deux parties se réunissent désormais régulièrement sous l’égide de l’UE pour régler les problèmes pratiques restants concernant le bien-être des citoyens des deux pays. En septembre, l’UE a commencé le processus de révision des deux premiers chapitres très importants des négociations avec la Serbie, et elle a lancé le 28 octobre des négociations avec le Kosovo sur un accord de stabilisation et d’association. Toutefois, une récente attaque contre les agents de la mission État de droit de l’Union européenne (EULEX) au Kosovo, dont les auteurs, nous l’espérons, seront rapidement traduits justice, montre aussi combien l’engagement de l’UE est nécessaire.

Le processus des négociations avec le Monténégro s’est accéléré. Deux chapitres de négociations importants peuvent être ouverts dans les prochains mois. Nous faisons également des efforts pour reprendre les négociations d’adhésion avec la Turquie. L’Albanie a assuré un déroulement démocratique des récentes élections et une transition pacifique du pouvoir, ce qui a augmenté la probabilité d’obtenir le statut de pays candidat. Afin de conserver le rythme de mise en place des réformes, nous avons poursuivi les dialogues de haut niveau avec l'ancienne République yougoslave de Macédoine et la Bosnie-Herzégovine.

Bien sûr, le processus d’adhésion à l’UE ne se déroule pas dans le vide. Dans le climat économique actuel, les citoyens des États membres et des pays candidats sont de plus en plus préoccupés par l’impact de l’élargissement en cours. La gestion du processus d’élargissement reflète cette préoccupation. Le processus des négociations est fondé sur une stricte conditionnalité, où chaque pas en avant dépend des progrès tangibles accomplis dans le pays. Ce processus exige non pas de remplir superficiellement une liste d’exigences, mais d’obtenir des résultats solides et permanents en matière de libertés et droits fondamentaux, suprématie de droit, bonne gouvernance et démocratie. Le renforcement du principe de la suprématie du droit, l’amélioration de la capacité à lutter contre la criminalité organisée et la corruption ainsi que les progrès dans la garantie des droits de l’homme et l’application des principes démocratiques et des libertés apportent un bénéfice direct aux citoyens dans toute l’Europe.

L’élargissement est l’histoire du succès de l’UE qui se reflète aussi dans le récent prix Nobel de la paix. Toutefois, si nous voulons être sérieux et réalistes, nous ne devrions pas céder à la tentation de voir la situation en rose. Les exemples susmentionnés démontrent que des progrès sont possibles lorsqu’il y a une volonté politique de se rassembler pour mettre en œuvre les réformes et lorsque l’agenda de l’UE est considéré comme une priorité nationale. Nous comprenons parfaitement que la mise en œuvre des réformes n’avance pas au rythme souhaité partout dans la région et dans tous les domaines. Il faut faire encore beaucoup plus, mais cela ne devrait pas gêner le processus d’élargissement de l’UE qui accorde d’immenses leviers pour les changements. La menace vient non pas de l’élargissement lui-même, mais de la fatigue à réaliser les réformes.

Les possibilités d’avancer résolument sur la voie de l’intégration européenne sont clairement visibles et elles sont pareillement ouvertes à tous les pays de l’élargissement. Les pays doivent décider eux-mêmes s’ils veulent utiliser ces possibilités pour le bien de leurs citoyens, comme l’a fait la Croatie. Nous sommes pleinement engagés à soutenir ces pays, sachant que sont également importants sur cette voie tant le succès commun de nous tous que la fiabilité de la politique de l’élargissement.