LE PRÉSIDENT DE L’OSCE A EXPRIMÉ SA CONSTERNATION APRÈS LA CONDAMNATION DU DÉFENSEUR DES DROITS DE L’HOMME BIÉLORUSSE ET APPELLE À LE LIBÉRER IMMÉDIATEMENT
Le président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et ministre lituanien des Affaires étrangères Audronius Ažubalis a exprimé une profonde préoccupation concernant la condamnation du défenseur des droits de l’homme biélorusse Alexandre (Ales) Beliatski.
Le vice-président de la Fédération internationale des droits de l’homme et dirigeant du centre biélorusse des droits de l’homme « Viasna » A. Beliatski a été condamné aujourd’hui pour évasion fiscale à quatre ans et demi de prison à régime renforcé et ses biens ont été confisqués.« Cette affaire doit être considérée non seulement comme une condamnation individuelle, mais aussi comme une nouvelle tentative d’intimider les défenseurs des droits de l’homme en Biélorussie », a dit A. Ažubalis.
Depuis 2003, « Viasna » ne pouvait pas être officiellement être enregistrée comme une organisation, car les autorités biélorusses se basaient sur une décision de la Cour suprême relative à la dissolution de l’organisation. Malgré les conclusions du Comité des droits de l’homme de l’ONU que la dissolution de l’organisation était contraire aux engagements de la Biélorussie en matière de liberté d’association, toutes les tentatives de « Viasna » pour enregistrer de nouveau l’organisation ont été un échec.
Selon le président de l’OSCE, des restrictions infondées de la liberté d’association empêchent fortement l’activité des organisations de la société civile biélorusse, elles sont une menace permanente pour les membres de ces organisations qui sont confrontés aux persécutions des autorités à cause de leurs efforts légitimes à défendre les droits de l’homme.
« La condamnation d’Ales Beliatski est une conséquence directe de ces restrictions inadéquates de la liberté d’association dans le pays et de son action en tant que défenseur des droits de l’homme. Le tribunal n’a pas évalué correctement les motifs de A. Beliatski », a déclaré A. Ažubalis.
Il a répété que A. Beliatski, tout comme les autres prisonniers politiques et acteurs de la société civile, doit être libérer immédiatement et sans conditions. « J’exhorte les représentants des autorités biélorusses à assurer la mise en œuvre en droit et en pratique des engagements de l’OSCE dans le domaine de la liberté d’association et de la protection des défenseurs des droits de l’homme », a souligné A. Ažubalis.
Il a aussi exprimé sa préoccupation concernant des informations sur l’interdiction des autorités biélorusses faite aux observateurs étrangers de se rendre au procès de A. Beliatski. Selon le président de l’OSCE, cela soulève des doutes sur la volonté du pouvoir de garantir une totale transparence de la procédure judiciaire dans cette affaire. Les engagements de l’OSCE exigent que les pays membres garantissent aux observateurs envoyés par d’autres pays membres, aux représentants des organisations non-gouvernementales et autres personnes concernées l’accès aux séances du tribunal.
Par ailleurs, le président de l’OSCE a appelé les autorités biélorusses à abroger les textes législatifs récemment adoptés qui interdisent aux organisations de la société civile de détenir des comptes bancaires à l’étranger et fixent d’autres restrictions à leur activité. De cette manière, le droit d’association est encore plus restreint.