LA RUSSIE ÉVITE DE DÉVELOPPER LE PROJET DE CENTRALE NUCLÉAIRE DANS L’OBLAST DE KALININGRAD CONFORMÉMENT AUX EXIGENCES INTERNATIONALES
La Lituanie n’a toujours pas obtenu de réponses de la Russie à des questions essentielles sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement de la centrale nucléaire de Kaliningrad, c’est pourquoi elle constate que la Russie n’est pas prête pour un dialogue ouvert sur le projet de centrale nucléaire au voisinage de la Lituanie.
Malgré de multiples rappels de la Lituanie, la Russie n’a pas réagi aux demandes relatives à l’exécution des procédures d’évaluation de l’impact sur l’environnement conformément à la Convention des Nations Unies sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement (Convention d’Espoo) bien que la Russie s’était elle-même engagée à le faire.
Les procédures d’évaluation de l’impact sur l’environnement, établies dans cette convention, doivent être respectées : au début, nous devons recevoir la documentation de l’évaluation de l’impact sur l’environnement avec des réponses aux questions posées, des discussions publiques sont alors organisées, puis des consultations bilatérales d’experts.
Dans la correspondance sur la centrale nucléaire de l’oblast de Kaliningrad, les institutions russes présentent à chaque fois l’information brève et non motivée qu’il n’y aura pas d’impact sur l’environnement en Lituanie au cours d’une exploitation normale de la centrale. Les réponses sont de nature déclarative, elles ne sont pas fondées sur une information factuelle et ne répondent pas aux questions lituaniennes.
Jusqu’à présent, il n’est pas clair à quelle étape se trouve la réalisation du projet de la centrale nucléaire de Kaliningrad et quelles autorisations ont été délivrées pour cette centrale par les institutions russes de sûreté nucléaire, écologique et technologique.
Jusqu’à présent, on n’a pas fourni les informations et documents importants, réclamés plus d’une fois, sur le fondement économique et technique de la construction de la centrale nucléaire, les critères de choix du site, on n’a pas évalué l’impact sur la mer Baltique du transport potentiel du combustible nucléaire irradié et des déchets radioactifs, on n’a pas présenté l’information demandée sur la résistance de la centrale en cas de crash aérien ni les résultats de l’évaluation de l’impact de l’exploitation de la centrale sur la qualité de l’eau et les ressources biologiques du Niémen, et on n’a pas remis la documentation demandée concernant les évaluations de l’impact radiologique sur les habitants et les territoires environnants dans le cas d’une exploitation normale et en situation d’urgence.
La Lituanie est aussi très inquiète du fait qu’il y a eu un fort tremblement de terre en 2004 dans la région où il est prévu de construire la centrale nucléaire de Kaliningrad.
La Lituanie propose à la Russie de remplir ses engagements internationaux et de fournir rapidement des réponses aux questions. Pour adopter la décision finale selon la Convention d’Espoo, il est nécessaire que les experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et autres experts internationaux évaluent le caractère approprié des sites de construction potentiels pour la centrale nucléaire de Kaliningrad. De même, la Lituanie attend que la Russie réalise des stress tests de la centrale nucléaire de Kaliningrad conformément aux exigences internationales et européennes, et qu’elle fournisse les résultats pour une évaluation indépendante.
La Lituanie appelle une nouvelle fois la Russie à concentrer son attention sur la sûreté nucléaire des installations nucléaires car, comme le montre l’expérience, la sûreté nucléaire dans le monde dépend non pas des autorisations délivrées mais de l’approche du pays sur la sécurité de telles installations. Les événements récents ont montré qu’une telle approche fait défaut en Russie. Bien que toutes les autorisations nécessaires aient été délivrées pour la construction du deuxième réacteur de la centrale nucléaire de Leningrad, il y a pourtant eu un accident et un élément essentiel de la sûreté de la centrale s’est écroulé : les structures de l’enceinte de sécurité du réacteur en construction.