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LA POLITIQUE DE NEUTRALITÉ DE L’ENTRE-DEUX-GUERRES N’ÉTAIT PAS JUSTIFIÉE, NOUS NE POUVONS PAS RÉPÉTER CETTE ERREUR AUJOURD’HUI, A DIT LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Lors de la discussion « La neutralité de la Lituanie : illusion géopolitique ou objectif ? », organisée le 28 mars au ministère des Affaires étrangères à l’occasion du septième anniversaire de l’adhésion de la Lituanie à l’OTAN, le ministre des Affaires étrangères Audronius Ažubalis a déclaré que la politique de neutralité du pays il y a soixante-dix ans n’était pas justifiée et a coûté chère aux Lituaniens, c’est pourquoi il est impossible de répéter cette erreur aujourd’hui.

« Souvent le mot « neutralité » n’est lié qu’à des choses positives, on pense que « neutralité » signifie une autonomie exceptionnelle, une dépendance à personne, une existence « en dehors des pays qui participent », autrement dit dans une sorte de sécurité à part. Nous avons payé cette perception il y a soixante-dix ans par une expérience très douloureuse : trois occupations de notre pays en quatre ans et la tragédie en résultant pour la population lituanienne », a dit A. Ažubalis.

Il a aussi mis l’accent sur le paradoxe de la neutralité : est-il possible d’être indépendant de ses engagements, de l’obligation de défendre les droits de l’homme, du respect de l’autodétermination des peuples et des pays. Selon le ministre, la neutralité dans un monde global est une illusion encore plus grande qu’en 1939.

Selon A. Ažubalis, l’OTAN est en premier lieu une Alliance de valeurs communes, c’est pourquoi l’aspiration, officiellement fixée pour la première fois en 1994, de la Lituanie à en devenir membre était totalement naturelle.

« Bien sûr, l’adhésion n’a pas résolu tous nos problèmes de sécurité : ils sont aujourd’hui les plus sensibles dans le domaine énergétique. Mais nous avons déjà posé les bases d’une action plus large de l’OTAN. Créé le 14 janvier dernier à Vilnius, le Centre pour la sécurité énergétique en est le meilleur exemple », a dit le chef de la diplomatie lituanienne.

Il a souligné que l’OTAN est « le garant de notre sécurité et de celle de nos valeurs ainsi que de sa continuité », mais qu’on oublie souvent une chose importante : les engagements.

« La défense a un prix, mais si nous convenons tous qu’il est impossible d’évaluer la sécurité et les valeurs de la Lituanie, nous comprendrons aussi que c’est une question d’honneur et de responsabilité de payer ce prix », a dit A. Ažubalis.

Lors de la discussion, des historiens, des politologues et des diplomates ont examiné les différences de la politique étrangère et de sécurité nationale de la Lituanie entre 1930 et 1940 et entre 1990 et 2011, on a présenté le livre de l’historien Algimantas Kasparavičius « La Lituanie en 1938-1939 : les illusions de la neutralité » ainsi que l’étude de l’historien et politologue Šarūnas Liekis « 1939 – l’année qui a tout changé dans l’histoire de la Lituanie ».