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La Lituanie devient officiellement le 19e pays de la zone euro. lefigaro.fr, 30.12.2014

Par Anne Cheyvialle, Service infographie du Figaro Ce mercredi à minuit, l'euro est devenu la devise officielle de la Lituanie. L'Union monétaire européenne compte désormais dix-neuf États membres. En ces temps d'incertitude, c'est un signal positif pour l'Europe même si la contribution du petit État balte et de ses 3 millions d'habitants au PIB européen sera minime. «L'entrée de la Lituanie témoigne de l'attractivité de la zone euro», s'est félicité le président de la BCE, Mario Draghi. Vu de Vilnius, la démarche est plus politique. L'entrée de la Lituanie dans l'euro s'imposait après l'adhésion de ses deux voisins, l'Estonie en 2011 et la Lettonie en 2014. Un choix dicté pour ces trois pays bordant la mer Baltique par des motifs tant politiques qu'économiques et monétaires. «L'euro est pour nous un instrument d'intégration : plus proches nous serons de l'Ouest, plus loin nous serons de l'Est», résume le gouverneur Vitas Visiliauskas. «En tant que banquier central, je ne devrais pas m'impliquer dans la géopolitique, mais ainsi sont les faits aujourd'hui», a ajouté le futur benjamin du Conseil des gouverneurs à Francfort. La crainte de la Russie voisine est omniprésente. Elle s'est renforcée avec la crise ukrainienne. La Lituanie a beau appartenir à l'Otan, les survols de son territoire par l'armée russe ont atteint un nombre record cette année. Après son entrée dans l'Union européenne en 2002, Vilnius a été le premier à tenter l'examen de passage de l'euro, dès 2006, mais s'est fait recaler pour excès d'inflation. Aujourd'hui, l'économie lituanienne fait figure de bon élève, comme celles de l'Estonie et de la Lettonie, en respectant à la lettre les critères d'admission. Le pays finit l'année avec une dette publique inférieure à 40 % du PIB, et un déficit public à 1,5 % du PIB pour 2014. Enclave de Kaliningrad Depuis deux ans, les agences de notation américaines ont régulièrement relevé la note de la dette souveraine lituanienne. L'inflation est passée de 11,1 % en 2008 à 1,2 % en 2013 et 0,3 % en 2014. Cette situation de quasi-déflation devrait limiter les réticences de la population qui redoute un impact négatif sur les prix. Ce risque figure toujours en tête de liste dans les enquêtes d'opinion. Le contexte international et géopolitique devrait aussi favoriser l'adhésion des Lituaniens qui s'inquiètent des mouvements de troupes russes dans l'enclave occidentale de Kaliningrad. La chute du rouble renforce l'attraction de l'euro. «Garder sa propre devise rend très vulnérable quand on est un petit pays. L'euro est considéré comme une monnaie stable et sûre», commente Zygimantas Mauricas, économiste de Nordea, une banque spécialisée sur l'Europe du Nord. «Les Lituaniens ont bien plus souffert des crises de 1991 après la fin de l'Union soviétique et de 1998 après la faillite de la Russie que des mesures d'austérité après le krach mondial de 2008», ajoute-t-il. Au-delà, les entreprises mettent en avant les facteurs positifs: la hausse des investissements étrangers comme cela s'est produit en Estonie et Lettonie, une baisse des taux d'intérêt, une facilitation des affaires et des économies sur les coûts de transaction. «L'euro est aussi très positif pour le développement régional», conclut Zygimantas Mauricas.