L. Linkevičius : l’application sélective par la Biélorussie des normes en matière de sûreté nucléaire n’est pas acceptable
Le ministère lituanien des Affaires étrangères a reçu une réponse du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano à la lettre des ministres lituaniens des Affaire étrangères et de l’Énergie du 3 janvier 2017, où la Lituanie exprimait des préoccupations concernant les incidents répétés à la centrale nucléaire d’Astravets et énonçait de nouveau ses exigences pour la Biélorussie : avoir une mission approfondie du service d’examen du site et de la conception basée sur les événements (en angl. Site and External Events Design, SEED) de l’AIEA pour procéder à une évaluation des sites ainsi que des tests d’évaluation du risque et de la résistance (stress tests) à la centrale nucléaire d’Astravets. Il a été également demandé de veiller à un contrôle international de la centrale nucléaire d’Astravets.
Les représentants de l’AIEA confirment qu’une mission incomplète de l’AIEA SEED a lieu en Biélorussie du 16 au 20 janvier. La portée des missions a été établie non pas par l’AIEA, mais par le pays hôte lui-même, par conséquent les communiqués, selon lesquels tout a été décidé non pas par la Biélorussie mais par l’AIEA, ne sont pas conformes à la réalité.
« Nous sommes très inquiets que la Biélorussie applique de manière sélective les normes internationales en matière de sûreté nucléaire. C’est inacceptable », a déclaré le ministre lituanien des Affaires étrangères Linas Linkevičius.
« La Biélorussie a ignoré les modules d’évaluation du site et invité une mission de l’AIEA SEED qui est susceptible de se limiter uniquement à l’évaluation de la conception de la centrale nucléaire. La mission de l’AIEA évalue uniquement les éléments indiqués par la Biélorussie qui rend ensuite public uniquement les informations positives, induisant ainsi en erreur tant sa propre société que les pays étrangers », a dit le ministre.
Le ministre lituanien a noté que l’application sélective des normes en matière de sûreté nucléaire supposait la conclusion que les développeurs de la centrale nucléaire d’Astravets avaient quelque chose à cacher.
Bien que la Lituanie ait demandé à la Biélorussie d’inviter une mission SEED à grande échelle qui évaluerait les analyses et l’évaluation des éventuels sites de construction de la centrale biélorusse, les critères de sélection du chantier et leur pertinence, la portée de la mission qui a lieu en Biélorussie est susceptible de se limiter uniquement à l’évaluation de la conception de la centrale nucléaire.
La Lituanie attire l’attention sur le fait que des questions essentielles, comme les critères de sélection des sites, l’évaluation de l’impact sur l’environnement ou la manière dont les enquêtes sismiques ont été effectuées, ne seront pas analysées lors de cette mission de l’AIEA.
Depuis 2013, la Lituanie demande que la Biélorussie effectue une mission de l’AIEA SEED à grande échelle. Lors des rencontres avec des responsables biélorusses et dans sa correspondance diplomatique, la Lituanie a constamment demandé à la Biélorussie de fournir des informations pour savoir quand et dans quelle mesure la mission de l’AIEA SEED serait invitée en Biélorussie, mais il n’y a eu aucune réponse officielle. La Biélorussie a également ignoré les demandes répétées d’inclure des représentants lituaniens parmi les experts de cette mission. Non seulement la Lituanie, mais aussi les organisations internationales, ont appelé la Biélorussie à inviter la mission de l’AIEA SEED afin d’assurer la sécurité de la centrale nucléaire d’Astravets : cette recommandation a été remise en 2014 par la réunion des Parties de la Convention d’Espoo et la réunion d’examen de la Convention sur la sûreté nucléaire.