IL EST NÉCESSAIRE D’ÉTUDIER ET DE PERPÉTUER L’HISTOIRE DE LA TRAGÉDIE JUIVE PASSÉE SOUS SILENCE À L’ÉPOQUE SOVIÉTIQUE, A DIT LA VICE-MINISTRE LITUANIENNE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
La Lituanie cherche à étudier et perpétuer l’histoire passée sous silence de l’extermination de masse des Juifs dans les pays séparés du monde démocratique par le « rideau de fer » après la Seconde Guerre mondiale. De cette manière, la justice historique peut être rétablie et l’hostilité mutuelle entre les gens empêchée.
La vice-ministre lituanienne des Affaires étrangères Asta Skaisgirytė Liauškienė l’a souligné à la manifestation qui a eu lieu le 25 novembre au Fort IX de Kaunas en mémoire des Juifs de Berlin tués ici il y a 70 ans et de toutes les victimes du national-socialisme.
Le 25 novembre 1941, un détachement SS a fusillé au Fort IX de Kaunas plus de 1 000 Juifs de Berlin, enfants, femmes et hommes, qui avaient été amenés une semaine avant.
« Il est paradoxal que plus les années passent depuis ces terribles massacres, plus s’ouvrent les blessures du passé, dont la génération d’après-guerre avait en réalité une connaissance très faible. Nous découvrons ce qu’on a tenté de passer sous silence à l’époque soviétique. On ne parlait pas de cela à voix haute non seulement en Lituanie, mais aussi sur toutes les terres baignées de sang à l’Est du « rideau de fer » qui séparait les pays restés sous le joug du totalitarisme des démocraties occidentales », a déclaré la vice-ministre.
Selon elle, de nombreux historiens et chercheurs étudient l’extermination de masse des Juifs et d’autres groupes perpétrée par les nazis en Lituanie et dans d’autres pays.
« Nous cherchons aussi à éclaircir les circonstances et les conséquences de la collaboration avec les nazis, et rétablir la justice historique. Cela est indispensable et nécessaire. Mais encore plus important est de détruire les murs de l’hostilité et de la haine entre les gens qui, hélas, naissent tout d’abord dans l’esprit des gens », a souligné A. Skaisgirytė Liauškienė.
Selon elle, Kaunas était depuis longtemps une ville appréciée des Allemands et des Juifs, ces deux peuples ont contribué à la prospérité culturelle de la Lituanie et à la création de l’État.
« Il est particulièrement douloureux que la ville, où ont trouvé refuge dès le Moyen-Âge les Juifs qui fuyaient vers la Lituanie les persécutions en Allemagne et autour ou les Juifs invités par les souverains lituaniens, ait été transformé par l’idéologie nazie au XXe siècle en un autre lieu de l’extermination planifiée des Juifs », a dit la vice-ministre.
Elle a aussi invité à se rappeler de ceux qui « ont montré dans des circonstances inhumaines de grands exemples de noblesse humaine ».
« En inclinant nos têtes en mémoire des Juifs allemands tués ici, rappelons-nous : durant les guerres, les occupations, les déportations, l’Holocauste, l’humanité a survécu grâce à ces justes qui n’ont pas trahi leur humanité », a déclaré A. Skaisgirytė Liauškienė.
Une plaque commémorative en mémoire des Juifs de Berlin a été dévoilée au Fort IX de Kaunas. La directrice du musée du Fort IX de Kaunas Jūratė Zakaitė, le président de la communauté juive de Kaunas Žakas Gercas, l’ambassadeur d’Allemagne en Lituanie Matthias Heinrich Mulmenstaedt et le directeur de la fondation « Nouvelle synagogue de Berlin – Centrum Judaicum » Hermann Simon ont aussi participé à l’événement.