ENTENDRE ET PERPÉTUER LES TÉMOIGNAGES DES PERSONNES QUI ONT VÉCU LA TRAGÉDIE DU TOTALITARISME EST UN DEVOIR COMMUN POUR TOUS, A DIT LE MINISTRE LITUANIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
La sauvegarde de la mémoire douloureuse des régimes totalitaires ne doit pas se limiter à quelques lignes sèches dans un manuel et aux statistiques officielles. Le devoir de tous est d’entendre et perpétuer les témoignages de ceux qui ont eux-mêmes vécu la tragédie, et de tout faire pour que cette histoire inhumaine ne se répète pas, a dit le ministre lituanien des Affaires étrangères Audronius Ažubalis.
À l’occasion de la Journée internationale de la tolérance le 16 novembre, le ministre a participé à Vilnius à la conférence internationale « Tolérance et totalitarisme. Épreuves pour la liberté », organisée au Centre de la tolérance du Musée national des Juifs du Gaon de Vilnius.
« Aujourd’hui, lorsqu’on enseigne aux enfants comment faire face aux nouvelles épreuves pour la liberté et des tentations de conflit, ne nous limitons pas quelques lignes sèches dans un manuel et aux statistiques officielles. Utilisons mieux les témoignages vivants et l’expérience des véritables défenseurs de la liberté comme Viktoras Petkus, car ce n’est l’histoire de la libération exclusivement des Lituaniens, des Polonais, des Juifs ou des Russes, mais l’histoire commune à nous tous », a déclaré A. Ažubalis.
Selon lui, durant les décennies d’occupation soviétique, on a effacé de la mémoire les dernières traces de la communauté juive lituanienne.
« Nous ne les avons retrouvées que lorsque la censure a cessé en Lituanie et que les gens ont commencé à dire ce qu’ils pensaient. Après le rétablissement de l’indépendance, le parlement lituanien a tout de suite adopté une déclaration sur « Le génocide du peuple juif en Lituanie pendant les années d’occupation hitlérienne ». Depuis cette date, beaucoup de livres scientifiques ont été publiés sur ce terrible sujet, les lieux de mémoire des victimes de l’Holocauste sont aménagés, des expositions de musées créées, des conférences et des discussions publiques organisées. Mais notre devoir le plus important est d’entendre et de perpétuer les témoignages de ceux qui ont eux-mêmes vécu la tragédie, et de tout faire pour que cette histoire inhumaine ne se répète pas », a déclaré le ministre.
Selon lui, le besoin de tolérance reste encore d’actualité aujourd’hui lorsque toute information peut devenir une étincelle de discorde en raison de la diffusion rapide des informations.
« Pour cette raison, certains proposent même parfois de limiter la liberté d’expression pour l’ordre. Mais, selon moi, ce serait une grande erreur. D’après l’indice de liberté de l’organisation « Freedom House » qui ouvre cette année une représentation dans notre pays, la Lituanie a obtenu l’évaluation la plus élevée possible et je ne souhaiterais pas revenir là où nous étions autrefois », a dit A. Ažubalis.
Il a ajouté qu’on a besoin pour la promotion de la tolérance et de la liberté non seulement de bonnes lois, mais aussi de personnes de bonne volonté qui veulent et peuvent les mettre en œuvre.
À l’occasion de la Journée internationale de la tolérance, la conférence internationale « Tolérance et totalitarisme. Épreuves pour la liberté », où sera aussi discutée l’action du groupe lituanien d’Helsinki dans la défense des droits de l’homme, aura lieu le 16 novembre à Vilnius.
Lors de la conférence à Vilnius, on discute de la situation de la tolérance dans le monde moderne, des raisons de l’antisémitisme, de la xénophobie et autres phénomènes encourageant la haine ainsi que des possibilités de les vaincre. De même, on mentionne le 35e anniversaire de la création des groupes d’Helsinki qui ont incité à des changements démocratiques en Europe centrale et orientale.
Le président du Comité des Affaires étrangères du Seimas Emanuelis Zingeris, l’envoyée spéciale du Département d’État américain Hanna Rosenthal, le président de la communauté juive de Lituanie Simonas Alperavičius, des représentants de la communauté universitaire de différents pays, des membres des organisations ethniques et autres associations, des religieux et des journalistes participent à la manifestation.
La conférence est organisée dans le cadre du programme de la commémoration de l’année de la mémoire des habitants de Lituanie victimes de l’Holocauste. Ses organisateurs sont le ministère des Affaires étrangères, le Service du Premier ministre et le Centre de la tolérance du Musée national des Juifs du Gaon de Vilnius.