Adoption à l’unanimité de la résolution humanitaire syrienne : la livraison de l’aide humanitaire transfrontalière ne devrait pas être entravée
Dans son explication de vote sur la résolution n° 2165 sur la situation humanitaire en Syrie, la Lituanie a souligné que, lorsqu’un gouvernement n’est plus en mesure de garantir la sécurité et les besoins fondamentaux de ses citoyens, il ne doit pas empêcher les organisations humanitaires internationales de le faire. Au cours des trois dernières années, ce principe essentiel a été violé à plusieurs reprises, en particulier par le Gouvernement syrien.
Le Conseil devrait répondre aux violations massives et brutales des droits de l’homme, dont certains peuvent être qualifiés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, y compris en référant la situation en Syrie à la Cour pénale internationale.
Texte intégral de l’explication de vote
La Lituanie se félicite de l’adoption de la résolution. Il faudrait en faire plus pour alléger les souffrances de millions de civils pris au piège dans une guerre civile syrienne impitoyable.
Il n’y a pas de valeur plus élevée que la vie humaine. Nous devons tous agir afin de garantir que l’aide soit livrée d’une manière rapide et efficace, via les itinéraires les plus directs, à travers tous les points de passage frontaliers appropriés. Nous félicitons l’OCHA et les partenaires humanitaires pour leur travail.
Il est de la responsabilité des parties du conflit, en vertu du droit international, notamment du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme, de protéger la population civile et de garantir sans condition à ceux qui en ont besoin un accès immédiat et sans entrave à l’aide.
Lorsqu’un gouvernement n’est plus en mesure de garantir la sécurité et les besoins fondamentaux de ses citoyens, il ne doit pas empêcher les organisations humanitaires internationales de le faire. Au cours des trois dernières années, ce principe essentiel a été violé à plusieurs reprises par toutes les parties du conflit en Syrie, mais la responsabilité première revient au Gouvernement syrien.
Aujourd’hui, nous assistons en Syrie à des violations massives et brutales des droits de l'homme, dont certaines peuvent être qualifiées de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Les bombardements par bombes à baril de zones civiles et la famine sont devenus des armes dans une guerre sans règles ni restrictions. L’empêchement de fourniture du matériel médical et chirurgical essentiel est devenu tactique. Tous les abus imaginables se produisent tous les jours en Syrie. Les enfants, les femmes, les personnes âgées, les réfugiés palestiniens, chaque minorité religieuse ou ethnique, personne n’est à l’abri. Des générations entières de Syriens risquent d’être perdues.
Les Syriens attendent notre aide. Nous félicitons les pays voisins, notamment le Liban et la Jordanie, de garder leurs frontières ouvertes aux réfugiés syriens, y compris les Palestiniens. Cette résolution n’est qu’une mesure partielle et temporaire. Le but ultime demeure un règlement pacifique du conflit par un processus politique.
Nous nous félicitons de la nomination de l’envoyé spécial du Secrétaire général, M. Staffan de Mistura. Nous espérons que la paix sera rétablie en Syrie. La paix est l’espoir du peuple syrien.
Le conflit syrien n’est plus un problème régional. Il est devenu une menace mondiale pour la paix et la sécurité internationales. Le Conseil ne doit pas continuer à ne pas parvenir à adopter les mesures de l’article 41 en cas de non-respect des résolutions n° 2139 et 2165 par n’importe quelle partie syrienne, y compris en référant la situation en Syrie à la Cour pénale internationale.